Contrôle de gestion

IFRS

Visa IFRS

contacter
Imprimer cette page
Retour

Un visa pour appréhender les normes comptables internationales

  • Un visa pour appréhender les normes comptables internationales -
    This article was published in French

    La Tribune - édition du 17/02/2003

    La profession met en place une formation qualifiante aux normes IFRS, pour des professionnels peu familiers avec ce futur langage comptable.

    Pour de nombreux professionnels du chiffre, les normes comptables internationales IFRS (International Financial Reporting Standards, anciennement IAS) qui s’appliqueront dans les comptes des sociétés cotées européennes, dès 2005, demeurent largement une terra incognita. L’Ordre des experts-comptables et la Compagnie nationale des commissaires aux comptes (CNCC) ne pouvaient longtemps rester inactifs en la matière. Ainsi, ces deux instances viennent de signer une convention de formation dénommée "Visa pour les IFRS", en partenariat avec le département Management de l’école HEC et le cabinet de consultants FinHarmony.

    Un attelage à quatre qui a mis au point un programme de formation qualifiante, et non diplômante, s’adressant en premier lieu à la profession. "L’idée a été de créer un cursus incontournable pour bien intégrer les IFRS dans le corps professionnel", souligne Claude Cazes, président du Conseil supérieur de l’Ordre des experts-comptables. Concrètement, il est proposé un programme long de 150 heures de formation à raison de deux jours et demi par mois pendant une période de six mois. Au programme figurent les fondamentaux, les états financiers, la consolidation et l’information financière en IFRS, sans oublier l’avenir du métier. Il en coûtera à chaque participant 5.000 euros hors taxe de frais d’inscription.

    Choix des thèmes. "Dans un premier temps, le dispositif s’adresse aux professionnels. On cherche à éviter sur ce sujet un décrochage des petits cabinets", explique Michel Tudel, président de la CNCC. La première session doit démarrer au mois d’avril, pour laquelle une trentaine d’inscrits seraient déjà enregistrés. C’est peu au regard des milliers de collaborateurs et stagiaires concernés dans les cabinets. Or, des cessions complémentaires seront prévues pour accueillir autant d’inscrits que possible, assure-t-on à la CNCC.

    Les entreprises pourront également bénéficier du programme de formation, en choisissant des thèmes qui paraissent les concerner davantage que d’autres. HEC Management va de son côté fournir un corps d’enseignants spécialisés au nouveau langage comptable. Quant à FinHarmony, son rôle en tant que chef de projet est de concevoir le support pédagogique et de l’animer. Son président fondateur, Christophe Marion, est un ancien de chez PricewaterhouseCoopers, où il a occupé le poste de directeur de la formation.

    L’une des difficultés de l’exercice est le caractère encore instable des IFRS. En effet, de nombreuses normes sont encore à l’état de projet (paiements en actions, instruments financiers, assurances, etc.) ou en cours de "ravalement". "Le module de formation intégrera les normes achevées et celles en projet, avec la possibilité de suivre des modules d’actualisation", assure Christophe Marion.

    Décrochages. Par ailleurs, le campus HEC devrait accueillir cet été une session intensive sur cinq jours consécutifs. Les compagnies et ordres régionaux des professionnels du chiffre ont également été sensibilisés au produit a priori mieux adapté pour la profession exerçant en région parisienne. Des décrochages devraient donc s’effectuer, sinon en 2003, dès l’an prochain, pour permettre aux cabinets de province de se former sur place.

    Reste une lacune à combler dans la formation initiale des experts-comptables. En effet, les normes internationales sont le parent pauvre du cursus actuel. La balle est dans le camp de l’Education nationale, seule habilitée à faire évoluer de ce point de vue les programmes.

    Jean-Philippe Lacour