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Les entreprises dopent leur résultat grâce aux normes IFRS

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    This article was published in French

    A priori, contraignantes pour les entreprises qui devront appliquer ces normes pour la première fois cette année, les normes IFRS n’ont pas que des mauvais côtés. Notamment, pour leur résultat 2004 ! "Bon nombre d’entreprises ont fait du changement de référentiel comptable un pot commun leur permettant d’amnistier des erreurs passées relatives à l’application du règlement français sur les comptes consolidés de 1999, explique Jean-Louis Mullenbach, associé chez Bellot Mullenbach & Associés.

    De fait, alors qu’elles ont commencé, l’an dernier, dans la perspective de 2005, à rencenser les impacts des normes IFRS sur les postes de leurs états financiers, elles ont découvert qu’elles avaient pu, dans le passé, appliquer imparfaitement au niveau de leurs comptes consolidés un certain nombre de règles comptables française, nomtamment celles relatives aux impôts différés sur les fonds de commerce cessibles, et aux retraitements des contrats de location." Or, plutôt que d’enregistrer ces corrections d’erreurs dans leur résultat 2004, conformément aux règles françaises, elles ont préféré attendre 2005 pour le faire. "En effet, tandis que dans le référentiel comptable français, les corrections d’erreurs doivent transiter par le résultat, ces erreurs transitent dans le référentiel IFRS par les capitaux propres", rappelle Xavier Paper, associé chez Paper Audit & Conseil. Cette attente est d’autant plus judicieuse que les impacts liés au changement de méthodes comptables observent la même règle, c’est-à-dire qu’ils transitent par les capitaux propres, ce qui permet aux entreprises, au passage, de camoufler les erreurs comptables dans ce poste, et donc de préserver leur résultat.

    Ce n’est toutefois pas le seul bénéfice des normes IFRS. "En affet, le nouveau corps de règles comporte une norme dite de première adoption des normes IFRS, qui offre aux entreprises des options sur un certain nombre de thématiques (la valorisation des actifs, l’évaluation des engagements sociaux, le traitement des résultats de change... pour bâtir leur premier bilan d’ouverture, rappelle Christophe Marion, fondateur de FinHarmony, une société spécialisée dans les normes IFRS. En d’autres termes, selon les arbitrages qu’elles vont effectuer, les entreprises peuvent sensiblement influer sur le niveau de leurs capitaux propres ou de leurs actifs à l’ouverture, ce qui n’est pas sans impact in fine sur les ratios de rentabilité ou d’endettement qu’elles afficheront." Ces opportunités devront toutefois être utilisées avec précaution par les entreprises. Si elles dopent leurs résultats, elles risquent d’avoir du mal à justifier un impact à la baisse l’année suivante.

    Catherine MOTOL - Option Finance