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IFRS : pas d’éclaircissements sur les stock-options

  • IFRS : pas d’éclaircissements sur les stock-options

    Parmi tous les problèmes posés aux entreprises par les normes IFRS, ceux liés à l’application de la norme IFRS 2 sur les paiements en actions, dont font partie les stock-options, ne sont pas les moindres. En apparence, la norme, publiée l’an dernier par l’IASB, est claire dans son principe : elle impose aux entreprises de comptabiliser en charges de leurs programmes de stock-options. Elle reste toutefois imprécise quant à ses modalités pratiques d’application. A telle enseigne qu’un certain nombre d’entreprises ont attendu la fin de décembre dernier, date à laquelle la norme devait être avalisée par le comité réglementaire comptable de l’Europe (ARC°, avant d’aller plus avant dans sa comptabilisation, espérant qu’elle allait être, à cette occasion, aménagée ! Or, contre toute attente, l’ARC n’a fait qu’entériner la norme produite par l’IASB.

    Une situation qui complique passablement la tâche des sociétés cotées, à l’haure où ces dernières doivent appliquer pour la première fois les normes IFRS. "En effet, il n’existe pas de méthode de valorisation unique des options. Pour évaluer leurs options, les entreprises ont à leur disposition au moins trois méthodes dévaluation, le modèle de Black and Scholes, le modèle binomal, et les tirages de Monte-Carlo, rappelle Christophe Marion, fondateur de FinHarmony, une société spécialisée dans les normes IFRS."

    Là où le bât blesse, c’est que les modèles existants sont dans l’ensemble encore assez peu maîtrisés par les entreprises. Par ailleurs, ils sont tous très sensible, c’est-à-dire qu’ils dépendent de nombreux paramètres, comme la volatilité de l’action ou le taux de présence des salariés, qui sont difficiles à estimer dans le futur et dont le niveau peut sensiblement influer sur la charge finale. En outre, ils reposent sur des hypothèses de construction qui les rendent inadaptés dans certains cas. “Si pour des plan de stock-options simples, il est suffisant d’utiliser le modèle de Black and Scholes ou le modèe binomal, il est plus pertinent d’uiliser la méthode des tirages de Monté-Carlo pour évaluer des programmes de stcok-options qui contiennent des clauses de performance, dans la mesure où le nombre de scénarios possibles est infini dans cette méthode”, relève Franck Chevalier, associé actuaire chez Ernst & Young. Pour parer à ces difficultés, quelques entreprises envisagent de demander à l eurs salariés de renoncer à leurs plans de stock-options au profit d’actions gratuites, facilement valorisables. La plupart préfèrent toutefois opter pour l’application des modèles de calcul les plus simples, à savoir Black and Scholes ou binomal. Une approche qui paraît suffisante. “En effet, les entreprises doivent se rappeler que la norme ne s’applique, de manière obligatoire, qu’aux stock-options attribuées postérieurement au 7 novembre 2002, indique Xavier Paper, associé chez Paper Audit & Conseil, ce qui en réduit quelque peu la portée, les montants en jeu étant par nature limités. Par ailleurs, le nombre deplans de stock-options a sensiblement diminué à partir de cette date.” La Commission européenne s’est engagée en tout cas à ce que cette norme soit revue en 2007, ce qui justifie pour les entreprises de ne pas mettre en oeuvre d’ici là des formules trop compliquées.

    Catherine MOTOL - Option Finance n°819 du 31/01/2005