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Définir les besoins en formation avant le passage aux normes IFRS

  • Définir les besoins en formation avant le passage aux normes IFRS -
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    La Tribune - édition du 01/07/2004

    L’effort de formation rendu nécessaire par les nouvelles normes comptables IFRS bat son plein à six mois de l’échéance. Certains groupes ont mis en place des programmes ciblés à leurs besoins et animés par des équipes internes de formateurs.

    Il reste six mois avant de basculer vers les normes comptables IAS-IFRS imposées par la Commission européenne pour l’ensemble des sociétés cotées. L’heure est aujourd’hui à la mobilisation dans les entreprises pour former et informer les personnels concernés par ce big-bang de l’information financière. Ce chantier implique en France près de 800 groupes cotés avec leurs milliers de filiales, sans oublier les établissements de groupes étrangers eux-mêmes cotés dans un autre pays adoptant les IFRS.

    Face à une palette de prestataires externes ayant flairé le filon, la réaction observée dans les entreprises est de vouloir resserrer le contenu de la formation au strict nécessaire. "La formation aux IAS-IFRS a été abordée de façon relativement tardive dans leur chantier de conversion. Elle intervient généralement après une période de diagnostic des divergences avec les normes comptables françaises et une fois les grandes options arrêtées au regard de ce qui est permis par les textes", observe Julien Pagezy, chef de projet formation IFRS chez PwCGlobalLearning. Quoi qu’il en soit, "il faudra être prêt à l’automne 2004, car le premier bilan d’ouverture en normes IAS-IFRS devra être préparé dans la foulée", explique Pierre Gatet, responsable de la conversion aux IFRS chez Deloitte. Pour ceux qui attendent la dernière minute pour se former, l’automne risque d’être cauchemardesque.

    1.500 pages. Les IFRS représentent en effet un pavé de plus de 1.500 pages comprenant une bonne quarantaine de thématiques d’information financière. "La tendance actuelle est de voir une montée en charge des formations ciblées aux besoins de l’entreprise. On voit ces dernières organiser des sessions sur les stock-options et les retraites pour leur direction des ressources humaines, d’autres sur les immobilisations pour les responsables de parcs immobiliers, etc.", remarque Christophe Marion, fondateur de Finharmony, une société de conseil qui forme des entreprises et experts-comptables aux IFRS.

    Certes, il faut encore satisfaire la demande de formations génériques aux IFRS. "Elles s’adressent aux administrateurs, informaticiens et autres intervenants moins touchés directement par les IFRS mais qui auront à travailler dans cet environnement", explique Pierre Gatet. Pour le reste, les entreprises ont adopté une démarche pragmatique. "Une équipe restreinte est souvent mise en place pour assurer la formation des collaborateurs comptables et financiers chargés de préparer demain les états financiers selon les IFRS", souligne l’expert.

    Au sein du groupe Air liquide, une équipe de trois personnes travaille à plein temps sur le chantier IFRS. Le nombre d’utilisateurs à former d’ici à la fin de l’année dans le monde est approximativement de 200 personnes. "Les normes sur lesquelles seront formés les utilisateurs seront très focalisées sur les problématiques Air Liquide et tiendront compte des options qui ont été entérinées par la direction générale. Il n’est pas prévu en effet de dispenser de formation générale théorique sur l’ensemble des normes", explique Nicolas Basquin, responsable du projet IFRS au sein du groupe.

    Le groupe affine actuellement les données relatives aux impacts IFRS sur le bilan d’ouverture 2004 et travaille également sur la refonte de ses états financiers IFRS pour sa plaquette 2005.

    Autre exemple avec le groupe de transport et d’énergie Areva. "Un groupe de travail IFRS a été constitué début 2003 et des sessions de formation internes ont été organisées à l’échelle mondiale afin de passer en revue chacune des normes, exercices d’application à l’appui", explique Vincent Benoit, responsable de la communication financière d’Areva. Les "élèves" ont ainsi plus de 200 transparents à ingurgiter pendant les deux journées passées en formation. "Pour l’ensemble des cadres pas forcément en prise directe avec les normes IFRS, il est prévu qu’une formation générale leur soit pourvue dans le cadre de l’université interne d’Areva", ajoute-t-il.

    Un produit d’appel. "Les entreprises peuvent aussi profiter de la formation de leurs troupes aux IFRS pour faire passer d’autres messages que la pure mécanique comptable. L’occasion se présente de refondre le système de pilotage de la performance ou de revoir les délais de clôture", ajoute Christophe Marion. "Chez un leader de la grande distribution, nous avons formé une dizaine de personnes pendant trois jours en entrant dans les détails des normes. Puis nous avons élaboré ensemble les messages à porter dans les filiales auprès de 150 personnes", explique-t-il.

    On l’aura compris, les grands réseaux d’audit de même que les organismes de formation se bousculent pour séduire la clientèle exprimant un besoin de formation aux IFRS. Des sites d’information gratuits sur ces normes, comme celui de Deloitte, et bientôt d’Ernst & Young, permettent à tout un chacun de se tenir informé des récentes évolutions dans une matière jamais figée. Si la démarche de gratuité s’assimile à un produit d’appel, il est en revanche lucratif pour ces cabinets d’obtenir un contrat de formation pour un gros client, impliquant des centaines de personnes à former sur site. Isabelle Santenac, coordinatrice de l’offre IFRS chez Ernst & Young, indique que "nos équipes de formation prennent un temps considérable pour préparer une offre de formation adaptée à ce qu’attend la clientèle. Cela a évidemment un coût plus important que si la formation dispensée reste très générale". Ernst & Young vient ainsi de conduire un séminaire de formation sur quinze jours pour une grande banque, en proposant des modules adaptés à plusieurs populations à former.

    Stages interentreprises. D’autres préfèrent envoyer leurs troupes dans des stages interentreprises. "A fin 2004, 3.000 personnes environ auront suivi des stages normes internationales ou consolidation chez Francis Lefebvre Formation cette année", assure Laurence Malès, directeur du département pédagogique chez FLF : "Les stages les plus demandés ont concerné l’amortissement et la dépréciation des immobilisations, le calcul financier et la juste valeur en IAS 39, les instruments financiers en IAS 39 et 32 (normes sur les instruments financiers)." Quand bien même le doute plane encore sur l’adoption par l’Europe, dans les jours à venir, de ces deux derniers textes.

    Jean-Philippe Lacour