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Experts-comptables au zénith

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Courrier Cadres n°1481 - Février 2003

Les entreprises recherchent les oiseaux rares capables de mettre en place les IFRS, les normes comptables internationales.

“Sur ce créneau, le chômage n’existe pas”, affirme Jean-Baptiste Sassolas, directeur du département finance du cabinet de recrutement MRI Worldwide. Quel est cet eldorado ? L’organisation du passage aux normes comptables internationales (IFRS, international financial reporting standart). “Elles entrent en vigueur le 1er janvier 2005, explique Claude Cazes, président de l’Ordre des experts-comptables, mais c’est maintenant qu’il faut s’y préparer”. Les départements chargés d’établir les comptes consolidés (c’est-à-dire les comptes de la maison mère en compilant ceux des filliales) vont devoir étoffer leurs effectifs de 20 à 50%. Dans un premier temps, seuls les groupes cotés en Bourse (10 000 sociétés, en comptant les filliales) appliqueront le système international.

Déjà, la pénurie de personnel qualifié se fait sentir. “Passer une annonce ne sert à rien, nous sommes obligés de débaucher dans les entreprises,” désole Jean-Baptiste Sassolas, qui recrute chaque mois plus d’une dizaine de chefs de projet IFRS pours ses clients. “Aujourd’hui, les experts-comptables qui connaissent ses normes, ça n’existe pas,” estime Laurent de Bellevue, du cabinet Michael Page.

Alors les recruteurs ratissent large. Ils ciblent les professionnels familiers de l’environnement comptable international rompus aux techniques de consolidation et capables de travailler en anglais. Mais c’est surtout une tournure d’esprit que cherchent les recruteurs. “Les IFRS présentent la situation économique réelle de l’entreprise, il faut donc avoir une orientation business,” souligne Laurent de Bellevue. “Le changement de comptabilité a des répercussions sur le système d’information et de gestion de l’entreprise. Le responsable de cette transition doit jouer les chefs d’orchestre,” ajoute Christophe Marion, fondateur de FinHarmony, qui propose une formation à ces normes, en partenariat avec l’ordre des experts-comptables, celui des commissaires aux comptes et HEC Management.

Miser sur les IFRS est payant. Le savoir en la matière se monnaie cher. “Un consolideur expérimenté gagne de 50 000 à 61 000 euros par an, soit 30% de plus que la moyenne,” fait miroiter Jean-Baptiste Sassolas. Et chapeauter la transition aux nouvelles normes pourrait offrir des perspectives. “On est amené à rencontrer tous les interlocuteurs importants dans le groupe au niveau financier,” explique Laurent de Bellevue. “Cela ouvre les portes pour un parcours international et peut constituer un tremplin vers les métiers plus opérationnels, type direction en filliale,” estime pour sa part Christophe Marion.

Rémy Vallet

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