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Le RF, élément-clé de la formation finance… aussi !

  • L’offre de formation initiale dans les métiers de la finance est relativement faible. Soit parce que la matière est encore assez récente : il n’existe pas vraiment de cursus universitaire à la consolidation ou aux normes IFRS. Soit parce que la technique est forcément spécifique : difficile de se former à l’université à la comptabilité bancaire, ou au contrôle de gestion. Pourtant, aujourd’hui, nul ne peut se passer de maîtriser le vocabulaire de la finance, ainsi que certains de ses mécanismes. La compétence financière de l’entreprise repose donc fortement sur la formation professionnelle continue. L’entreprise doit gérer le processus d’acquisition et de développement de la compétence financière. Le responsable de formation (RF) est au cœur du dispositif.

    En tant qu’experts du sujet, les financiers de l’entreprise sont naturellement des acteurs incontournables de ce processus. Mais plusieurs freins les empêchent souvent de jouer ce rôle de façon efficace. Cela peut être un manque de pédagogie pour faire passer leurs messages, de goût pour le faire et/ou de temps à y consacrer. Une raison peut aussi en cacher une autre : dire que l’on n’a pas le temps, est plus acceptable que dire que l’on n’en a pas envie, par exemple.

    La première solution consiste donc à accompagner les financiers dans l’apprentissage des techniques de formation. Il ne s’agit pas simplement de savoir utiliser PowerPoint : dans une large mesure ce logiciel est souvent plus un frein à la formation qu’un réel outil. Il ne s’agit pas non plus de savoir présenter : les financiers savent souvent le faire efficacement, comme à l’occasion de présentations de résultats par exemple. Ce qui peut manquer, justement, c’est comprendre la différence entre une présentation et une formation, maîtriser les mécanismes d’apprentissage des adultes, et avoir des idées et une méthode pour concevoir une formation efficace. Parmi les erreurs les plus souvent commises, l’expert tend à oublier qu’il lui a fallu un long apprentissage pour le devenir, et il ne lui est pas facile d’admettre qu’il ne peut pas faire passer tout son savoir aux participants d’un seul coup. De plus, l’expert ne doit pas oublier comment il est devenu expert : par une longue pratique, pas par une formation, aussi bonne soit-elle. Si le diagnostic est ainsi placé, on comprend qu’il faut former les financiers à la formation et/ou, les faire assister par des professionnels, ou sous-traiter la conception ou l’animation des actions de formation.

    Proposer une assistance méthodologique aux financiers est souvent la solution la plus efficace. D’abord parce qu’elle est rapide à mettre en œuvre. Ensuite parce qu’elle permet d’avoir le meilleur de deux mondes : l’expérience de la pédagogie, grâce à l’appel à une ressource externe, et la connaissance pratique du terrain par le financier. De plus, en formation, « le média est (souvent) le message ». En s’impliquant dans le projet de formation, le financier en démontre l’importance, ce qui renforce le message.

    Mais cela n’est pas toujours possible et le RF doit être en mesure de proposer d’autres solutions. Sous-traiter est bien sûr une option facile, et rentable, si la ressource interne (les financiers) est plus rare que la ressource externe. Dans ce cas, le RF se transforme en acheteur. La difficulté est alors pour lui de travailler hors de sa zone de confort : acheter une prestation immatérielle, portant sur un domaine technique qu’il ne maîtrise pas nécessairement. On note que de plus en plus de groupes résolvent cette difficulté en recrutant un financier pour être responsable de formation finance.

    Si la société ne sous-traite pas la formation financière, le RF est investi de tout son rôle, un rôle-clé : être le chef d’orchestre du processus de management de la performance. Il s’agit d’un processus complexe, avec de nombreuses étapes et impliquant des acteurs divers. C’est lui qui va décider du dosage entre les différents intervenants : quelle quantité d’implication des financiers maison, pour quelle quantité de consultants, pour quel objectif. A cet effet, le RF est idéalement positionné : il connaît les hommes et la logistique nécessaires pour impulser et promouvoir le changement. Informer, former, faire adhérer et impliquer l’organisation, pour développer et aligner les compétences : la mission-reine du RF.


    Par Andréane Favre

    Consultante