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IFRS 3 et juste valeur : un énorme malentendu

  • Il est de bon ton d’associer d’un air entendu (généralement pour s’en plaindre) IFRS et juste valeur. S’il est vrai que le recours à la juste valeur est plus fréquent dans le référentiel IFRS que selon le référentiel français, la juste valeur n’est pas pour autant la règle, loin s’en faut. Un bon exemple de ce malentendu se trouve dans la mécanique de consolidation applicable lors d’une acquisition. En effet, à cette occasion, les IFRS préconisent de valoriser les actifs et passifs à leur juste valeur (IFRS 3). La preuve est-elle faite ? Bien sûr que non !

    Tout d’abord, un tel recours à la juste valeur est également requis selon les règles de consolidation françaises. Il ne s’agit donc absolument pas d’une nouveauté apportée par les IFRS. Mais surtout, le recours à la juste valeur ne constitue qu’un moyen de reconnaître le coût des actifs et passifs acquis lors du regroupement. En effet, l’acquéreur connaît le coût global de son acquisition (c’est le prix payé, augmenté des éventuels frais directement liés à la transaction), mais pas forcément la valeur de chaque actif et passif acheté. Pourtant, il faut bien se mettre en situation de les suivre individuellement, puisqu’à l’avenir, l’acquéreur pourra en avoir une utilisation différenciée : certains seront cédés, d’autres conservés. Or, la valeur comptable historique pour le vendeur n’est pas la meilleure indication du prix payé (voir article ci-contre). La méthode la plus pertinente, intelligible, fiable et comparable consiste plutôt à considérer que les actifs ont été acquis lors d’une transaction effectuée dans des conditions normales de concurrence, entre des parties consentantes et bien informées : ils ont été achetés à leur juste valeur. La fraction du prix payé qui n’est pas justifiée par la somme des justes valeurs des actifs et passifs acquis s’appellera goodwill.

    L’acquisition sera in fine comptabilisée à son coût historique... grâce à la méthode dite de la juste valeur. N’oublions pas que le coût historique n’est que la juste valeur historique !